lundi 20 mars 2017

Abraham épousa sa demi-soeur Sarah


Voici ce que dit Abraham à Abimelek alors qu'il avait dit à Sarah sa femme de dire quelle était sa soeur par peur des moeurs impies du peuple chez qui il se rendait.

Torah-Genèse 20:12
Du reste, elle est véritablement ma sœur de père et non de mère, et elle est devenue ma femme.


Ici Abraham semble bien justifier la légitimité de son mariage avec Sarah en précisant bien que Sarah est sa soeur de père mais non de mère, car savoir aussi que la polygamie était courante du temps d'Abraham, ce qui n'est d'ailleurs pas anti-Torahique, le père d'Abraham avait donc plusieurs femmes, peut-être des concubines d'où le fait que Sarah était donc la demi-soeur d'Abraham. 

Ce thème a été souvent abordé de part et d'autres, certains sans discernement aucun pensèrent qu'Abraham commit un inceste, quand d'autres pensèrent que la Torah n'étant arrivée qu'au Mont Sinaï les mêmes interdits n'étaient pas au temps d'Abraham, tandis que les Juifs rabbiniques expliquent que Sarah était en réalité la fille du frère d'Abraham donc sa nièce.

Mais en réalité aucune de ces explications n'est vraie, et l'incompréhension vient en réalité d'une mauvaise traduction du texte Torahique comme vous allez le voir.

Deutéronome 27:22 (Massorétique)
אָרוּר, שֹׁכֵב עִם-אֲחֹתוֹ--בַּת-אָבִיו, אוֹ בַת-אִמּוֹ; וְאָמַר כָּל-הָעָם, אָמֵן

Maudit, qui cohabite avec sa sœur, fille de son père ou fille de sa mère!" Et tout le peuple dira: Amen!


Torah-Lévitique 18:9 (Massorétique)
עֶרְוַת אֲחוֹתְךָ בַת-אָבִיךָ, אוֹ בַת-אִמֶּךָ, מוֹלֶדֶת בַּיִת, אוֹ מוֹלֶדֶת חוּץ--לֹא תְגַלֶּה,  עֶרְוָתָן.

La nudité de ta sœur, fille de ton père ou fille de ta mère, née dans la maison ou née au dehors, ne la découvre point.


Torah-Lévitique 20:17 (Massorétique)
וְאִישׁ אֲשֶׁר-יִקַּח אֶת-אֲחֹתוֹ בַּת-אָבִיו אוֹ בַת-אִמּוֹ וְרָאָה אֶת-עֶרְוָתָהּ וְהִיא-תִרְאֶה  אֶת-עֶרְוָתוֹ, חֶסֶד הוּא--וְנִכְרְתוּ, לְעֵינֵי בְּנֵי עַמָּם; עֶרְוַת אֲחֹתוֹ גִּלָּה, עֲו‍ֹנוֹ יִשָּׂא

Si un homme épouse sa sœur, fille de son père ou fille de sa mère, qu'il voie sa nudité et qu'elle voie la sienne, c'est un inceste, et ils seront exterminés à la vue de leurs concitoyens: il a découvert la nudité de sa sœur, il en portera la peine.



Ici nous voyons dans le Texte Hébreu Massorétique le mot אוֹ qui signifie "ou" ce qui donne donc la compréhension que l'union d'un homme avec sa demi-soeur que ce soit de père et non de mère est aussi interdit.

Mais le texte de la Septante qui est la traduction Grecque d'un texte Hébreu plus ancien et différent du Massorétique, (voir cette étude qui explique en quoi le texte de la Septante est plus fiable : 
http://messianique.forumpro.fr/t6392-meilleure-traduction-de-la-bible-ou-meilleur-texte-source#57755) démontre que le mot "ou" ne se trouve dans aucun de ces versets.

Torah-Deutéronome 27:22 (Septante)
Ἐπικατάρατος ὁ κοιμώμενος μετὰ ἀδελφῆς ἐκ πατρὸς ἢ ἐκ μητρὸς αὐτοῦ· καὶ ἐροῦσιν πᾶς ὁ λαός Γένοιτο.

Maudit celui qui a commerce avec sa soeur de son père de sa mère ; et le peuple entier dira : Ainsi soit-il.


Torah-Lévitique 18:9 (Septante)
ἀσχημοσύνην τῆς ἀδελφῆς σου ἐκ πατρός σου ἢ ἐκ μητρός σου, ἐνδογενοῦς ἢ γεγεννημένης ἔξω, οὐκ ἀποκαλύψεις ἀσχημοσύνην αὐτῆς.

Tu ne mettras pas à découvert la nudité de ta soeur de ton père de ta mère, née à la maison ou dehors.


Torah-Lévitique 20:17 (Septante)
ς ἐὰν λάβῃ τὴν ἀδελφὴν αὐτοῦ ἐκ πατρὸς αὐτοῦ ἢ ἐκ μητρὸς αὐτοῦ καὶ ἴδῃ τὴν ἀσχημοσύνην αὐτῆς καὶ αὕτη ἴδῃ τὴν ἀσχημοσύνην αὐτοῦ, ὄνειδός ἐστιν, ἐξολεθρευθήσονται ἐνώπιον υἱῶν γένους αὐτῶν· ἀσχημοσύνην ἀδελφῆς αὐτοῦ ἀπεκάλυψεν, ἁμαρτίαν κομιοῦνται.

Si un homme prend sa soeur de son père de sa mère, s'il voit sa honte et si elle voit la sienne, ils sont coupables; ils seront exterminés en presence des membres de leur famille. L'homme a mis à découvert la nudité de sa soeur ; ils porteront leur péché.



Le texte nous montre ici qu'il n'y a pas de "ou" ce qui se comprend par le fait qu'il est interdit à un homme d'épouser sa soeur de père et de mère et qu'il n'est donc pas interdit à un homme d'épouser sa soeur de père mais non de mère, sa demi-soeur. 

Mais certains pourraient encore douter de cette explication, alors un passage Biblique va trancher et prouver ce que j'affirme sans l'ombre d'un doute.

2 Samuel 13:1-21
1 Après cela il arriva qu'Absalom, fils de David, ayant une sœur qui était belle et qui se nommait Tamar, Amnon, fils de David, l'aima.


Précisons ici que David eut plusieurs femmes et qu'Absalom était le demi-frere d'Amnon, ils n'avaient pas la même mère. 

Voir :

2 Samuel 3:2-3
Et il naquit des fils à David, à Hébron; son premier-né fut Amnond'Achinoam de Jizréel; Le second fut Kiléab, d'Abigaïl, de Carmel, qui avait été femme de Nabal; le troisième, Absalom, fils de Maaca, fille de Thalmaï, roi de Gueshur;


Donc Tamar soeur d'Absalon etait sa soeur de père et de mère tandis qu'elle était la demi-soeur d'Amnon ayant le même père que lui mais pas la même mère.

Continuons la lecture.


2 Et Amnon était tourmenté jusqu'à se rendre malade, à cause de Tamar, sa sœur; car elle était vierge, et il semblait trop difficile à Amnon de rien obtenir d'elle.
3 Or Amnon avait un ami nommé Jonadab, fils de Shimea, frère de David; et Jonadab était un homme fort adroit.
4 Et il lui dit: Fils du roi, pourquoi dépéris-tu ainsi de jour en jour? Ne me le déclareras-tu pas? Amnon lui dit: J'aime Tamar, la sœur de mon frère Absalom.
5 Et Jonadab lui dit: Couche-toi sur ton lit, et fais le malade; et quand ton père viendra te voir, tu lui diras: Je te prie, que ma sœur Tamar vienne, et qu'elle me donne à manger; qu'elle apprête devant moi quelque mets, afin que je le voie, et que je le mange de sa main.
6 Amnon se coucha donc et fit le malade; et le roi vint le voir, et Amnon dit au roi: Je te prie, que ma sœur Tamar vienne et fasse deux gâteaux devant moi, et que je les mange de sa main.
7 Et David envoya dire à Tamar dans la maison: Va dans la maison de ton frère Amnon, et apprête-lui quelque chose à manger.
8 Et Tamar s'en alla dans la maison d'Amnon, son frère, qui était couché. Et elle prit de la pâte, et la pétrit, et elle en fit devant lui des gâteaux, et les fit cuire.
9 Puis elle prit la poêle et les versa devant lui; mais Amnon refusa d'en manger, et il dit: Faites retirer tous ceux qui sont auprès de moi. Et chacun se retira.
10 Alors Amnon dit à Tamar: Apporte-moi dans la chambre ce que tu m'as apprêté, et que j'en mange de ta main. Et Tamar prit les gâteaux qu'elle avait faits, et les apporta à Amnon, son frère, dans la chambre.
11 Et elle les lui présenta afin qu'il en mangeât; mais il se saisit d'elle et lui dit: Viens, couche avec moi, ma sœur.
12 Et elle lui répondit: Non, mon frère, ne me fais pas violence, car cela ne se fait point en Israël; ne commets pas cette infamie.
13 Et moi, où irais-je porter mon opprobre? Et toi, tu serais comme l'un des infâmes, en Israël. Maintenant donc, parles-en, je te prie, au roi, et il n'empêchera point que tu ne m'aies pour femme.



Notez bien ici ce que dit Tamar, elle lui dit :
Maintenant donc, parles-en, je te prie, au roi, et il n'empêchera point que tu ne m'aies pour femme.

Lorsque Tamar dit que cela sera pour elle une infamie, cette infamie découle du fait qu'Amnon couche avec elle sans avoir demander sa main à son père et sans qu'il y ait des fiançailles et non le fait qu'elle soit sa demi-soeur, car elle dit bien que le Roi David ne refuserait pas de la donner pour femme à son demi-frère, cela est donc la preuve qu'une telle union entre un homme est sa demi-soeur de père et non de mère n'est absolument pas anti-Torahique. 

Continuons la lecture

14 Mais il ne voulut point l'écouter, et il fut plus fort qu'elle; il lui fit violence et coucha avec elle.
15 Puis Amnon eut pour elle une très grande haine; et la haine qu'il lui porta fut plus grande que l'amour qu'il avait eu pour elle. Ainsi Amnon lui dit: Lève-toi, va-t'en!
16 Et elle lui dit: Ne me fais pas ce mal-là, plus grand que l'autre que tu m'as fait, de me chasser! Mais il ne voulut pas l'écouter;


Ici normalement Amnon aurait dû la prendre pour femme comme le dit bien la Torah en pareil cas, lire ceci :

Torah-Deutéronome 22:28-29
Si un homme rencontre une jeune fille vierge et non fiancée, si, usant de violence, il a commerce avec elle et s'il est surpris, il donnera au père de la jeune fille cinquante doubles drachmes d'argent, et elle sera sa femme, car il aura attenté à son honneur : Il ne pourra jamais la répudier


17 Et, appelant le valet qui le servait, il dit: Qu'on chasse cette femme loin de moi, qu'on la mette dehors, et ferme la porte après elle!
18 Or elle était vêtue d'une robe bigarrée, car les filles vierges du roi étaient ainsi habillées. Celui qui servait Amnon la fit donc sortir, et ferma la porte après elle.
19 Alors Tamar prit de la cendre sur sa tête, et déchira la robe bigarrée qu'elle avait sur elle; elle mit la main sur sa tête, et elle s'en allait en criant.
20 Et son frère Absalom lui dit: Amnon, ton frère, a été avec toi? Maintenant, ma sœur, tais-toi, c'est ton frère; ne prends point ceci à cœur. Ainsi Tamar demeura désolée dans la maison d'Absalom, son frère.
21 Le roi David apprit toutes ces choses, et il en fut fort irrité.


Amnon aurait donc dû la prendre pour femme.

Donc nous voyons ici par ce passage que les Israélites vivants dans un milieu polygame épousaient aussi parfois leurs demi-soeurs qui étaient leurs soeur de père et non de mère car cela n'était absolument pas interdit dans la Torah sauf dans le cas suivant :


Torah-Lévitique 18:11
עֶרְוַת בַּת-אֵשֶׁת אָבִיךָ מוֹלֶדֶת אָבִיךָ, אֲחוֹתְךָ הִוא--לֹא תְגַלֶּה, עֶרְוָתָהּ
La nudité de la fille de la femme de ton père de la maison natale de ton père, celle-là est ta sœur: ne découvre point sa nudité.


Le mot מוֹלֶדֶת traduit par progéniture se traduit par maison ou terre natale.

Cet interdit sembe concerner la femme qui serait  justement de la maison natale du père donc sa demi-soeur et de fait, le fils ne peut pas dans ce cas épouser sa demi-soeur de père mais visiblement ce cas ne s'applique pas si jamais la femme du père n'est pas sa demi-soeur c'est à dire de sa maison natale, car Abraham épousa sa demi-soeur Sarah et relire le passage dans Samuel avec ce que dit Tamar à son demi-frère. 

Si donc la femme du père n'est pas la demi-soeur de celui-ci et qu'elle n'est pas la mère du fils, il est possible au fils de prendre la fille de cette femme pour sa femme. 

Par contre le Commandement d'Elohim interdit l'union entre un homme et sa soeur de père et de mère.

L'autre cas d'union inverse d'un homme avec une soeur de mère et non de père implique forcément un adultère de la part de la femme donc est interdit dans la Torah.

Mais est donc autorisé l'union d'un homme avec sa demi-soeur de père et non de mère dans le cadre d'un milieu polygame et à condition que sa belle-mère ne soit pas la demi-soeur de son père donc Abraham n'a rien fait de contraire aux Commandements d'Elohim dans Sa Sainte Torah qui bien qu'elle fut réitérée au Mont Sinaï était connue en grande partie par les Patriarches et par Abraham, c'est bien pour cela qu'il est écrit d'Abraham :

Torah-Genèse 26:5
...Abraham a écouté Ma Parole, a gardé Mes Commandements, Mes Préceptes, Mes Jugements et Mes Lois.


Et ainsi donc nous pouvons bien nous demander pourquoi les Disciples de notre Seigneur et Sauveur Yéhoshoua et Tobit serviteur de notre Elohim nommaient parfois leur femme aussi "leur soeur", cela était-il juste une appellation dans la Foi ou étaient-elles vraiment leur demi-soeur de père et non de mère comme pour Abraham ou alors étaient-elles une soeur plus éloignée de la même tribu du même peuple.

Tobit 5:20
Et Tobit lui dit : N'aie pas d'inquiétude, ma soeur, il reviendra sain et sauf, et tes yeux le verront. 


1 Corinthiens 9:5
N'avons-nous pas le droit de mener partout avec nous une sœur notre épouse, comme les autres apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas?



Car rappelons aussi pourquoi certains épousaient parfois leur demi-soeur de père et non de mère.

Torah-Nombres 36:5-9
Et Moïse prit la décision de YHWH, et il donna cet ordre aux fils d'Israël, disant : La tribu des fils de Joseph a dit ce que vous savez.
Voici ce qu'a prononcé YHWH au sujet des filles de Salphaad : Qu'elles épousent ceux qui leur sont agréables ; mais qu'elles se marient à des hommes de leur famille paternelle.
Et l'héritage des fils d'Israël ne passera point d'une tribu à une autre tribu, parce que cbacun des fils d'Israël ne se mariera que dans l'héritage de la tribu de ses pères.
Et toute fille qui recueillera, pour cause de parenté, un héritage parmi les tribus des fils d'Israël, ne pourra épouser qu'un homme de sa famille paternelle, afin que les fils d'Israël héritentchacun du patrimoine de son père. Ainsi, l'héritage des fils d'Israël ne passera pas d'une tribu à une autre tribu ; mais chacun des fils d'Israël se mariera dans la tribu de ses pères.


Les choses sont ainsi clarifiées.